Cité Plurielle : une journée pour résister

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Cité Plurielle : une journée pour résister

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Cité Plurielle
Spectacle
danse
Exposition
Débats
Publié le 22 mars 2023
Modifié le 8 juin 2023
Résumé actualité
Débats, expo photo, spectacle de danse inclusive, comédie musicale… Tant de formes pour s’exprimer contre le racisme et pour l’égalité samedi 18 mars à La Rampe. Le thème cette année : le corps, entre résistance et oppression. Tour d’horizon d’une journée bien remplie.
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Cité Plurielle avait pour thème "Le corps, entre résistance et oppression".
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"Aujourd’hui, les personnes ayant un patronyme à consonance maghrébine ont moins de chance d’obtenir une place dans un master de leur choix, de passer des entretiens pour un emploi, et cela s’accentue quand on est une femme. Harcèlement, agressions sexuelles, discrimination, inégalité salariale, les femmes sont souvent les premières victimes, notamment dans le monde du travail. Ville engagée, populaire et fraternelle, Échirolles s’est construite sur des vagues d’immigration. C’est le fondement de notre histoire. Cité Plurielle permet de s’engager en faveur de l’égalité et de lutter aussi contre les discriminations." C’est par ces mots forts que Renzo Sulli, maire d’Échirolles, a lancé la 27e édition de Cité Plurielle. Cette année, l’évènement avait pour thème « le corps entre résistance et oppression ».

L’après-midi débutait par un mot de Wassyla Tamzali, écrivaine et militante féministe algérienne. "La France et l’Algérie sont condamnées à se rapprocher. Au plus profond de la guerre, les femmes se sont engagées pour libérer leur pays, elles ont engagé leur corps, même si cela a été occulté des mémoires". Photographier avant qu’on ne se souvienne plus d’elles, justement, c’était l’un des objectifs de Nadja Makhlouf, photographe. "Je voulais montrer l’histoire pas encore racontée de ces femmes algériennes, dans l’urgence du temps qui passe." Deux ans ont été nécessaire à la photographe pour rencontrer ces femmes, il y a 10 ans environ. Dans son exposition « De l’invisible au visible : Moudjahidate, femmes combattantes », Nadja raconte leur histoire de façon accessible, à travers leurs photos d’époque et ses portraits de dames âgées. Après 50 ans de silence, ces combattantes ont pris la parole pour raconter « leur » guerre. Une exposition à retrouver à l’hôtel de ville durant deux semaines.

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Wassyla Tamzali, écrivaine et militante féministe algérienne.
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L'exposition de la photographe Nadja Makhlouf met en lumière les combattantes algériennes.
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Des textes fors lus par des femmes sur scène.
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La journée s’est poursuivie dans la salle de spectacle, où plusieurs femmes ont fait une lecture publique d’extraits de textes écrits par Mohamed Rouabhi, dans le cadre du projet Paroles de femmes. On écoute alors des voix nous raconter des violences subies, dans les campagnes du Trièves ou à Échirolles.

Puis la salle assiste, émue, aux échanges entre Nadja Makhlouf et Lynda Bensella, syndicaliste. Certains spectateurs participent aussi, parfois les yeux remplis de larmes, en racontant leurs histoires personnelles, celles de mères torturées pendant la guerre d’Algérie, et qui sont parties, emportant avec elles leurs précieux secrets. Ces combattantes si discrètes ont contribué à la libération de leur pays, en montrant aux hommes qu’elles pouvaient faire la même chose qu’eux. "Elles se sont émancipées, même si leur combat n’était pas un combat féministe" insiste la photographe. Elles ont même retrouvé avec plaisir, pour la plupart, les tâches domestiques, la chaleur d’un cocon familial, la douceur d’un repas partagé et préparé par leurs soins. "Cela peut sembler étonnant, et pourtant, la plupart de ces combattantes aspiraient à un retour à une vie « normale »", expliquait Nadja Makhlouf.

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Nadja Makhlouf et Lynda Bensella, pour un temps d'échanges avec le public.
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Une vidéo sur la Semaine artistique et inclusive était proposée.
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Proposer une vie normale, c’est peut-être aussi le but de la Semaine artistique et inclusive, dont un reportage vidéo réalisé par La Petite Poussée exposait aux spectateurs les rencontres entre enfants valides et en situation de handicap. La collaboration de la Maison des habitant-es Village Sud et l’Institut Médico Éducatif les Écureuils a en effet permis une initiation à la danse et à la peinture à ces groupes d’enfants, joyeusement mélangés pour l’occasion.

Un savant mélange d’émotion et de grâce, c’est aussi ce qui attendait la salle de La Rampe quand des danseurs valides et en situation de handicap ont entamé des pas de danse sur scène. Une chouette idée imaginée par l’association Ensemble le Colibri, la Maison des habitant-es des Écureuils, l’Esat Pré-Clou, la compagnie Lamento, coproduite par La Rampe. Son fondateur, Sylvère Lamotte, et la chorégraphe Mathilde Roux, ont imaginé des tableaux où le pouvoir de la danse efface les différences, où tous les corps peuvent être mis en lumière, quand parfois, à cause du handicap, on préfère les cacher ou les invisibiliser. Ovationnés, les danseurs ont promis aux spectateurs : ils reviendront l’année prochaine !

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Danseurs valides et en situation de handicap ont proposé un spectacle tout en émotion.
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La journée s'achevait en musique, avec un groupe d'habitants dynamique!
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Enfin, la journée s’achevait en musique et en humour, avec une comédie musicale proposée par un groupe d’habitant-es. Couleur de peau, handicap, origines, les différences qui opposaient les membres de la chorale volaient alors en éclat, dans un message de solidarité joyeux et contagieux. Si la musique adoucit les mœurs, elle rassemble aussi, la salle de La Rampe ne s’y est pas trompée !