Une rencontre avec les médecins de la commune

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Une rencontre avec les médecins de la commune

Publié le 14 février 2020
Modifié le 14 février 2020
Résumé actualité
Réfléchir ensemble à la problématique de la disponibilité des médecins sur la commune était l’enjeu d’une rencontre organisée à l’hôtel de ville. Un temps qui s’appuyait sur une enquête, portée par la Ville et le CCAS, réalisée auprès des médecins généralistes.
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Sylvette Rochas, adjointe à la santé, le Dr Jallon, président de l’Ordre des médecins, Rémi Blanc, sous-directeur de la CPAM, le Dr Ghanem, chef du Pôle Drac-Trièves-Vercors du CHAI, et Fabien Calonego, correspondant santé au département ont rencontré une quinzaine de médecins généralistes et spécialistes, pour évoquer ensemble les problématiques de renouvellement des médecins sur la ville. Il s’agissait de voir ensemble les solutions qui pouvaient être apportées, en sachant que la santé reste une compétence régalienne de l’État. “La santé enjeu essentiel, explique Sylvette Rochas. On a tout intérêt à faire en sorte que l'offre de santé soir la plus efficace et la plus qualitative possible. Il nous faut mettre en perspective l'avenir et voir les leviers à activer dans la société et dans l'organisation administrative.” Un point souligné par le présent de l’Ordre des médecins “On est à la recherche de solutions pour une meilleure prise en charge des patient-es. Merci à la Ville d’Échirolles d’avoir organisé cette rencontre.”

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Une problématique globale

La saturation et le manque de renouvellement des médecins généralistes ou spécialistes est une problématique nationale qui peuvent trouver de nombreux facteurs d’explication, comme le précise le Dr Jallon. “Il y a eu un changement de mentalité, sur la disponibilité notamment. Pour remplacer un vieux médecin faisant 7h30 – 21h, il faut aujourd’hui 2,5 médecins nouveaux.” D’autres facteurs ont été évoqués pour expliquer ce besoin important de médecins comme le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques, l’impact de la dimension sociale ou le fait culturel d’une demande accrue de la part des patients. Pour un des docteurs présents, et en âge de partir à la retraite, c’est une situation qui dure “Ça fait 20 ans qu'on a commencé à alerter. Avec la durée de validité des ordonnances et l’obligation de voir un généraliste, nos patients auront des médicaments qui vont s’arrêter… Et on les met où nos patients ? Ils vont faire quoi sans ordonnance ? On laisse quoi derrière nous ? Et nos jeunes ne peuvent pas faire notre boulot, ils sont déjà saturés. La seule solution que j'ai trouvée, c'est de reporter mon départ à la retraite d'un an !”

Un constat local

Échirolles n’échappe pas à cette saturation. “À court terme, on a de nombreux médecins qui vont partir, précise le Dr Jallon. Sur les 80 médecins généraux présents sur la ville, on compte 28 médecins généraux libéraux, avec une moyenne d’âge pas si élevée de 50 ans. Mais il y a deux pics avec des jeunes qui commencent à s'installer et 24 médecins qui ont entre entre 60 et 69 ans. Dans les 7 ans qui viennent, 24 médecins vont partir ! Sur les 28 médecins libéraux, une dizaine a plus de 62 ans… On est pessimistes certes et jusqu'à l'année 2025, ça plonge beaucoup. Mais à partir de là, il y aura autant de médecins qui s’installent que le nombre de départ.” Un constat qui n’empêche pas les formes d’actions “Il y a des chiffres et il y a ce que l’on peut faire !”

Des exemples…

Les représentants invités ont pu expliquer aux médecins les différentes offres qui existaient déjà. La Cpam propose ainsi un financement conséquent à l’embauche d’assistants médicaux par les médecins. l’enjeu étant de pouvoir déléguer les taches et ainsi augmenter sa patientèle avec ce gain de temps. Remi Blanc admet que “cette logique productiviste peut être mal perçue, mais à nombre de médecins égal, on essaie de trouver des solutions.” Le département propose différentes possibilités qui vont de la bourse pour les internes en fac de médecine, s’ils s’installent 570 jours sur le territoire, l’aide aux médecins pour l’achat de matériel, ou l’étude de projets structurants avec une aide financière substantielle à la clef. Des aides qui complètent les accompagnements apportés par la Ville sur des centres pluridisciplinaires, comme ce fut le cas avec la Maison de santé à Ylis et Celestria en 2018 ou le centre de santé Village 2 à l’automne 2019.

... Et des idées à explorer

Du constat, des présentations et des échanges ont émergés des idées, comme l’ambition SOS Médecins de lancer une communauté professionnelle de santé en mutualisant les compétences sur le territoire. “Avoir SOS Médecins est une chance pour la ville, pour les patients mais aussi pour les professionnels. Beaucoup de ville n'ont pas cette chance” encourage le Dr Jallon. Il a été également question d’un zonage qui actuellement empêche l’installation nouvelle de kinés et d’infirmier-ères sur la commune, et pourrait être réévalué. Aussi évoquée l’aide ponctuelle de médecins à la retraite, ou de jeunes médecins pas encore en poste, qui pourraient effectuer un temps partiel, une sorte de prise en charge intermédiaire. Des discussions riches et des possibilités plus encourageantes à se regrouper. “De nombreuses aides peuvent se mettre en place, insiste de Dr Jallon. Mais ça part du médecin, c’est le socle commun. Si vous avez 1 500m carrés de disponible sur le secteur, il faut acheter ! Ça prend du temps pour monter le projet, mais le temps vous le récupérerez par la suite sur les conditions de travail !” Des rencontres qui pourraient se poursuivre pour continuer le travail entamé et trouver des formes d’actions, mais également, comme le souligne Sylvette Rochas, “pointer les problèmes à l'Agence régionale de santé et à l'État, les objectiver pour qu'il y ait des solutions.”

MB