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Une CPTS s'installe sur le territoire

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Une CPTS s'installe sur le territoire

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Santé
Publié le 11 mai 2021
Modifié le 27 mai 2021
Résumé actualité
Très attendue par les professionnels de la santé, une CPTS se met en place à Échirolles. Ce nouvel organisme, qui regroupe les acteurs médicaux d’un territoire, a pour but de les coordonner afin de mieux soigner la population.
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Demandé par la CPAM, souhaité par les professionnels de santé, nécessaire pour les usagers, la nouvelle communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) est en route. La structure va couvrir la zone d’Échirolles, Pont-de-Claix, Bresson et Champagnier, et concerner ainsi 49 000 personnes.
Ces associations loi 1901 ont été imaginées dans le cadre de la Loi santé de 2016. Elles rassemblent, “les professionnels de santé du territoire, à la fois libéraux, salariés, mais aussi les structures hospitalières, privées et publiques, et les usagers”, détaille Isabelle Guyot, infirmière libérale et pour l'association Asalée à la Maison de la santé de La Butte. “Le rôle de l’association est de coordonner leurs actions, d’optimiser les ressources et d’améliorer l’accès au soin de la population”, poursuit la soignante. Elle fait partie du collectif de médecins, pharmaciens et autres acteurs du médical qui ont posé les premiers jalons de cette entité échirolloise à l’automne dernier.La CPAM nous avait fait la demande il y a déjà un an et demi, mais nous n’étions pas prêts”, reconnaît l’infirmière.“L’épidémie de la covid-19, qui est venue alourdir et complexifier une charge de travail déjà très dense, a accéléré le processus : pour faire face, nous avons dû nous rapprocher, travailler en lien”, poursuit François Boualavong, pharmacien et membre du collectif.  

Pallier le manque de médecins

La création d’une CPTS sur le secteur d’Échirolles leur semble pertinent : Le territoire rassemble les deux tranches de la population les plus à risques, les jeunes et les personnes plus âgées. A cela s’ajoute la variable sociale qui freine la prise en charge sanitaire de la population”, analyse Romain Varnier, docteur à SOS Médecins. Notons encore le manque de médecins sur le territoire et la crise sanitaire qui font que beaucoup de patients ne se soignent pas. Avec la CPTS, on espère arriver à une meilleure coordination sur le secteur pour identifier les problèmes plus rapidement et effectuer un suivi cohérent. Il y a encore trop de patients qui sortent des radars”, constate amèrement le soignant qui craint “une augmentation de cas de pathologies à des niveaux avancées dans les cinq prochaines années” à cause du manque de soins.

Trois missions-socles

L’accès au soin, plus spécifiquement le recours au médecin traitant, est ainsi une des “missions-socles” du collectif. Elle est complétée par le deuxième volet consacré à la préventiondes addictions, contraception, santé buco-dentaire des enfants, santé mentale, les pathologies chroniques liées au modes de vie…”, énumère François Boualavong. Enfin, la CPTS s’efforcera de mieux coordonner les “parcours de soin” des personnes dont la pathologie demande l’intervention de plusieurs acteurs de santé. En missions complémentaires, le collectif cherchera à améliorer d’une part l’attractivité du territoire afin d’attirer de nouveaux acteurs de santé et d’autre part “la qualité et pertinence des soins”. Les membres du collectif traduire ce dernier point par “ le bon soin, au bon patient, au bon moment et au bon endroit par la bonne personne”.

Travailler ensemble et non plus les uns à côté des autres

Le projet est encore en cours de rédaction. Il devrait être présenté cet automne à la CPAM, qui le subventionne à hauteur de 140 000 euros, mais certains points sont déjà définis: grâce à ces moyens, la CPTS pourrait recruter une personne en charge des tâches administratives pour que les soignants fassent “plus de médecine, moins de paperasse”. Des outils de communications, tel que, par exemple, un serveur commun hébergeant les données de santé, pourraient être mis en place afin de partager plus rapidement les informations. “Il s’agit maintenant de travailler ensemble et non plus les uns à côté des autres”, résume Isabelle Guyot.
L’association compte actuellement une trentaine de membres, mais ses fondateurs espèrent réunir une centaine d’adhérents d’ici la fin de l’année. “Nous n’avons pas pu contacter tout le monde”, regrette Isabelle Guyot,“l’objectif est de faire renter 80 % des professionnels de santé du territoire dans le collectif. Pour le moment, le réseau rassemble essentiellement des soignants, mais il est ouvert aux usagers : “Il est important de les inclure afin de mieux cerner leurs besoins et de les impliquer dans le soin”.

Adhésion gratuite et renseignements : cpts.drac.sud@gmail.com