Le patrimoine d’Échirolles en lumière

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Le patrimoine d’Échirolles en lumière

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Culture
Journées du patrimoine
Publié le 21 septembre 2021
Modifié le 24 septembre 2021
Résumé actualité
Le week-end dernier, des pans importants, et parfois insoupçonnés, du patrimoine échirollois ont été portés au grand jour. Retour sur les temps forts des Journées européennes du patrimoine.
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Des visiteurs découvrent la face cachée des archives. Ici, une habitante retrouve le portrait d'un parent.
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Des visiteurs découvrent la face cachée des archives. Ici, une habitante retrouve le portrait d'un parent.
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À l’occasion des 38èmes Journées européennes du patrimoine, Échirolles a dévoilé les multiples facettes de son patrimoine, à commencer par celle, majeure, des archives de la Ville. Ainsi samedi matin, le public ont pu s’immerger dans l’univers, méconnu car assez confidentiel, de la conservation des documents. “Ce n’est effectivement pas un lieu qui accueille habituellement du public”, décrit Pascale Merle, responsable du service documentation-archives, un autre espace, tout récemment aménagé pour la consultation de documents est accessible aux lecteurs au 2d étage du bâtiment, mais les lieux de conservation, eux sont en accès restreints, même pour le personnel de la ville”.
Accueillis autour d'un jeu sur l'histoire de la ville, les visiteurs ont ensuite pu descendre au sous-sol de l’hôtel de ville pour découvrir les quatre espaces qui permettent à la collectivité de conserver ses documents. “On ne conserve pas tout, certains documents sont sélectionnés pour des raisons juridiques, afin de respecter les délais de contrôle possible, parce qu'ils sont utiles. Ces documents sont souvent des archives dites intermédiaires. Lorsque la valeur patrimoniale ou informationnelle le justifie les documents entrent aux archives pour une conservation définitive”, précise l’archiviste. Le tour se déroulait “à la carte”, guidé par la curiosité des visiteurs. “Une dame est venue retrouver des photos de son père qui avait été élu à la ville, certains voulaient mieux comprendre notre système d’archivage afin de s’en inspirer pour traiter des fonds photos, d’autres s’intéressaient aux enjeux de ce classement, qui est commun à tous les services d’archives publiques…”

Des arbres et des hommes

À quelques encablures de là, au parc Géo-Charles, un tout autre patrimoine était à l’honneur. En partenariat avec la société botanique Gentiana, l’association GRAPHEchirolles, y organisait une visite à la découverte de ses richesses naturelles.“Il y a ici une grande variété d’essences dont certaines très rares, tel que le sapin d’Espagne, et des arbres dit remarquables, comme le séquoia toujours vert à l’entrée ou le pin candélabre, près de la roseraie”, enseigne Ahmed Ghedjatti, le guide botaniste, membre de l’association Gentiana.
Différencier le sapin de l’épicéa, la feuille d’un charme et celle d’un hêtre ou questionner l’origine du cèdre... le guide a su accompagner ses enseignements d’anecdotes et de démonstrations pour captiver son auditoire. On apprend ainsi que le Ginkgo biloba, aussi l’arbre aux 40 écus “à cause de la couleur jaune d’or que prennent ses larges feuilles à l’automne”, était déjà sur terre il y a 270 millions d’années: “L’espèce a connu les dinosaures !”
Dans les rangs des visiteurs, on interroge, on prend des notes et on s’émerveille.“C’est un patrimoine superbe qu’on ignore, je passe souvent à coté sans le voir, c’est super de pouvoir maintenant mettre un nom sur ces magnifiques arbres”, témoigne une habitante. “Et pourtant, on ne sait que peu de choses sur son histoire, qui a planté toutes ces espèces”, raconte Marc Mingat-Lerme, président de GRAPHEchirolles, “Seulement qu’il appartenait au directeur de la Viscose, comme la grande bâtisse qui est devenue le musée Géo Charles. La commune l’a acquis dans les années 1980”. Une habitante rebondit sur sa remarque :“Je me rappelle avant, quand je passais avec mes enfants, on regardait par les trous du mur et ils disaient “oh qu’il est beau ce parc, que ce serait d’aller le voir”! “Et maintenant, j’en découvre tous les arbres”, conclut-elle.

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Le panais sauvage, ici au premier plan, pousse dans les recoins du parc Géo Charles
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Le panais sauvage, ici au premier plan, pousse dans les recoins du parc Géo Charles
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Au musée Géo Charles s'est tenu le vernissage de l'exposition Salon d'automne de l'association Reg'arts en présence des élus.
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Au musée Géo Charles s'est tenue le vernissage de l'exposition Salon d'automne de l'association Reg'arts en présence des élus.
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Une création avec les créations

Un autre rendez-vous des Journées du patrimoine se tenait dans ces lieux : le vernissage de l’exposition Salon d’Automne du musée Géo Charles. “Comme tout projet d’exposition, c’est l’histoire d’une rencontre et d’un pari entre le TRACé, l’association d’artistes échirollois, Reg’arts et le collectif de scénographes Kaliko. L’objectif était la mise en valeur du travail des premiers par les seconds”, signale Virginie Vignon, directrice et conservative de la structure. Le Salon d’automne de Paris, qui met en avant de jeunes artistes de toutes disciplines et courants confondus en un même lieu, a en effet inspiré cette exposition. “C’est dans le même état d’esprit que l’exposition a été conçue : encourager et développer des pratiques artistiques très différentes et pluridisciplinaires”.
Sculpture, peinture, photographie ou dessins, une vingtaine de créations des artistes de l’association Reg’arts ont été sélectionnées. “D’habitude on expose une série d’un même artiste, là c’est le contraire, nous avons un assortiment d’œuvres éclectiques qu’il fallait assembler, cela a littéralement été l’oeuvre, du collectif Kaliko”. Avec de bonnes idées et un brin de malice, ces scénaristes ont inventé différents espaces au sein du musée, mettant en vis a vis des œuvres opposées, en rassemblant certaines de gamme colorimétrique similaire, en les accompagnant même d’accessoires comme pour les chantiers du peintre Marrel fixés sur un filet de signalisation orange, à côté d’une barrière de travaux publics.“Nous avons eu carte blanche pour créer cette scénographie qui met en valeur les œuvres, mais qui accompagne aussi le visiteur dans leur découverte”, racontent les scénaristes, Yann et Sandra Moreaux.
Résultat : une exposition qui est elle-même une œuvre d’art, comme l’exprime Jacquelines Madrennes, l’adjointe à la Culture dans son discours : “L’environnement d’une création développe des perceptions inédites que les auteurs et les spectateurs n’auraient pas envisagés, c’est une double lecture proposés par le musée”.

 

“Ici, on peut toucher !”

Un vernissage peut en cacher un autre... Le même après-midi, le Centre du graphisme inaugurait Mon œil, Regard sur le point de vue, fruit d’un partenariat avec le centre d’art contemporain Pompidou. Cette institution culturelle parisienne, reconnue pour ses innovations en matière de médiation culturelle avait créé ce projet dédié aux enfants autour de la notion de point de vue avec cinq artistes, graphistes ou illustrateurs. “ Il ne s’agit pas d’une exposition mais d’une invitation à la découverte de cinq univers graphiques différents, insite Vrignie Vgnon  (…) résolument pensée pour les enfants.  décrypte Virginie Vignon.
Cette “exposition-atelier” fait effectivement penser à une aire de jeux, où les enfants (et les adultes aussi) peuvent réaliser des expériences ludiques avec les œuvres. Sur le mur en relief de Raphaël Garnier, on forme des images en crayonnant une feuille de papier appliquée, image au contraire déformée par le gros ballon miroir de Pierre Vanni. Les panneaux mobiles de Paul Cox, quant à eux, permettent de fabriquer des cabanes géantes, en jouant avec les plans et les perspectives.
“ Cette dimension ludique a retenu notre attention, ce projet est axé vers les enfant sans utiliser des codes infantilisants. On sait que c’est par l’expérience, en « faisant », que les enfants intègrent des notions et des savoirs, et ce projet est complètement construit autour de cela, en plus d’avoir une proposition graphique intéressante.  L’exposition-atelier entrera donc dans des parcours éducatifs pour les enfants et peut être aussi les adolescents, un “public délaissé” .
“ Ici on peut toucher, regarder et se regarder ! La sensibilité de chacun, des plus jeunes  de leurs parents et jusqu’aux grands parents, peut s’afficher”,
a décrit Jacqueline Madrennes, cette exposition-atelier permet de faire de l’éducation à l’image, à l’esprit critique, au dialogue, au changement de point de vue. Des enjeux qui sont au cœur de nos actions de nos projets d’orientation”.

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Le ballon gonflable de Pierre Vanni nous fait changer de regard ce qui nous entoure.
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Le ballon gonflable de Pierre Vanni nous fait changer de regard ce qui nous entoure.

D’autres animations et évènements étaient organisés sur ce week-end. Pour les amateurs d’opérettes, la compagnie lyrique APOE donnait un concert à l’église Saint-Jacques. Des expositions de photographies, de dessins au pastel se tenaient respectivement au Vieux Village, et à l’Espace petit Drac. Les passionnés d’histoire ont pu suivre une conférence sur la bataille de Jarrie de 1587 à la salle Saint-André ou des lectures au Musée de la Viscose.

 

Salon d'automne au Musée Géo-Charles du 19 sept. 2021 au 16 janv. 2022.

Mon Œil. Regards sur le point de vue au Centre du graphisme du 18 septembre 2021 au 30 janvier 2022.

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Alice, Maria et Cathy interprétant Rêve de valse.
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Alice, Maria et Cathy interprétant Rêve de valse.