Marcel-Cachin : 40 ans en questions
Il y a quarante ans, en 1985, Joseph Ascedu, alors professeur des écoles à l’élémentaire Marcel-Cachin, découpait un grand morceau de carton pour imiter un écran de télévision, “une sorte de lucarne (!)” afin que ses élèves “jouent aux journalistes”. “Nous avions beaucoup moins de moyens que vous aujourd’hui”, plaisantait celui qui, à l’époque, a réalisé le film documentaire autour de la thématique du jeu au sein de l’école et du quartier.
Film qui a donné naissance cette année au projet 40 ans à Cachin, et à de nombreuses initiatives qui seront présentées lors de la fête de l’école, le 4 juin prochain.
Parmi elles, la réalisation de vidéos et de podcasts sur l’évolution de la vie de l’école, et du quartier, quarante ans après, par les élèves des cinq classes de CM1 et de CM2, sur la base d’interview d’anciens élèves et enseignants, dont celle de... Joseph Ascedu. La boucle est bouclée !
Silence plateau, moteur, action !
Pour y parvenir, la salle de classe de Mme Alix avait ainsi été entièrement transformée, ce lundi, en un véritable plateau d’enregistrement : micros et table de mixage sur les bureaux, intervenant-es autour, lumières et caméras braquées sur eux. Le temps pour chacun de prendre ses marques – “Restez concentrés, parlez face au micro, les mains sur les cuisses pour ne pas faire de bruits”, leur indiquait Lyamine Saoudi, vidéaste de l’association La Petite Poussé, qui accompagne le projet –, et c’est parti pour une heure d’interview.
Technologies, transports, vie du quartier, vie quotidienne et à l’école, culture, rien n’est laissé au hasard. Les élèves, qui ont vu, et apprécié le film réalisé par Joseph Ascedu en 1985, ont de nombreuses questions à lui poser. “Les portables et les ordinateurs existaient-ils à votre époque ? Et Grand’Place et la place Beaumarchais ? Comment vous déplaciez-vous ?"
Un retour vers le futur
On retiendra de cet échange enrichissant, parfois drôle et émouvant, que les vélos électriques n’existaient pas et que l’on se déplaçait souvent à pieds. “On marchait beaucoup, il n’y avait pas la gare d’Echirolles et le tram est arrivé plus tard”, précisait Joseph Ascedu. Que la bibliothèque Beaumarchais, elle, existait bien, et que “l’école entretenait des liens étroits avec elle, on s’y rendait presque tous les jours, c’était un partenaire important”.
Pas de Grand’Place, par contre, ni de Tacos de Lyon (!), non plus, pour le plus grand désarroi de certain-es. Et “les enfants faisaient du patin à roulettes sur la place Beaumarchais”. Du quoi ? Pardon, du roller. “Ah, ça je connais !”
Reste la grande question : “Comment imaginez-vous la vie dans l’école, dans le quartier, dans quarante ans ? ” “C’est à vous de l’imaginer”, leur répondait Joseph Ascedu. Une vision à découvrir le 4 juin, et dans quarante ans, dans la capsule temporelle qui sera enterrée dans un coin de l’école...
