8-Mai-1945 : Sous le signe de l’amitié
Ce vendredi matin, il flottait comme un air de liberté sur Échirolles... Comme il y a 81 ans, le 8 mai 1945, lors de la victoire des forcés alliées sur le troisième Reich nazi. Comme durant les raids de la Royal Air Force sur la France, aussi, lorsque les avions britanniques parachutaient des tracts sur lesquels étaient imprimé le poème de Paul Eluard, Liberté. “Sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres, sur le sable, sur la neige, j’écris ton nom…” Un poème, un cri, une ode qui a aussi résonné lors de la commémoration organisée à Échirolles.
“Aujourd’hui, plus aucun témoin direct n’est présent pour raconter. Ces passeurs de mémoire nous manquent et nous sommes leurs obligés”, expliquait un peu plus tôt Sylvette Rochas, représentante de l’Association nationale des anciens combattants et ami-es de la Résistance (Anacr), devant la stèle de la Victoire érigée à l’intersection de l’avenue du 8-mai-1945 et de la rue Manouchian en 1995, avant de citer un autre illustre poète français engagé pour la paix, Guillaume Apollinaire : “Il est grand temps de rallumer les étoiles !”
Une journée de fête,
de mémoire et de réflexion
A Échirolles, comme à Grugliasco, sa jumelle depuis 1966, elles n’ont jamais cessé de briller. “Des journées comme celle d’aujourd’hui sont un moment de fête, mais aussi de mémoire et de réflexion, prolongeait ainsi Dario Lorenzoni, adjoint d’Emanuele Gaïto, maire de la ville italienne, sur la place de la Libération. Nous célébrons la liberté retrouvée, nous nous souvenons de ceux qui se sont sacrifiés et réfléchissons à leur courage. Grâce à leur engagement, nous pouvons jouir de nombreuses libertés que nous tenons pour acquises, mais qui ne le sont pas. Réfléchissons à la valeur des libertés dont nous jouissons et que nous devons préserver comme un bien précieux”.
Une gémellité des valeurs que l’on retrouvait dans les mots de la maire, Amandine Demore : “Ces commémorations doivent toujours être une occasion de porter un regard sur notre passé. L’oubli est une pente douce, dangereuse, dont ces temps doivent nous prémunir. Pare que les forces qui ont déversé l’horreur n’ont pas disparu, elles se transforment, se réinventent, se déguisent. Elle rôdent encore.” Car, “l’histoire bégaie”.
Échirolles-Grugliasco
pour faire triompher la paix
D’où l’importance de “poursuivre notre collaboration avec encore plus de conviction, enjoignait Dario Lorenzoni, à l’image de la présence de la délégation italienne sur ce 8 mai, comme celle d’une délégation échirolloise à Grugliasco, à la commémoration des Martyrs, le 25 avril. Nous avons le devoir de travailler ensemble pour réaffirmer nos valeurs”.
“Soixante ans d’amitié, de rencontres, d’échanges”, comme “la réponse de deux villes, de deux peuples, qui ont choisi de transformer le souvenir de la guerre en pratique de la paix. Une manière concrète de faire vivre l’idéal de l’amitié entre les peuples”, abondait Amandine Demore.
Et quel plus beau symbole que ces élus guidant le défilé à travers les rues d’Échirolles, et accrochant une couronne sur la plaque dédiée à Marius Buisson, résistant échirollois décédé trois jours avant la libération du camp de Mauthausen.
Et de reprendre à l’unissons des enfants de l’école Marat et des participants à la cérémonie les vers du poète : “Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie, je suis né pour te connaître, pour te nommer... Liberté.”
