Libération d’Echirolles : Se souvenir pour rester mobilisé
Ce samedi matin, les participant-es à la cérémonie célébrant le 82e anniversaire de la Libération de la ville étaient visiblement très heureux. Heureux, tout d’abord, de pouvoir enfin profiter de températures beaucoup plus clémentes, après des jours de canicule, pour se retrouver et partager.
Heureux, surtout, de simplement pouvoir rendre hommage, comme chaque année, à ceux et celles qui ont permis la libération de leur ville, Échirolles, il y a 82 ans, le 22 août 1944 : George Kioulou, le fameux Capitaine Philippe, en premier lieu, l’un des trois dirigeants des Francs-tireurs et partisans de l’Isère, futur maire d’Echirolles jusqu’en 1981, auquel le premier adjoint Pierre Labriet, qui officiait en l’absence de la maire Amandine Demore, a rendu un hommage particulier dans son discours.
Mais aussi Louis Baille-Barelle, Paul Rochas, Almérino Miotto, Georges Bois, Pierre Moussy, Anna-Marie Mingat, René Thomas, Gabriel Didier, Guérino Perli, Louis Racca, Raymond Vincent et tant d’autres…
L’affrontement de deux visions
“Il y a 82 ans, l’emprise du régime nazi prenait fin à Échirolles. Après des années de privation, de violences terribles, de peur quotidienne, les griffes de l’envahisseur se retirent enfin de notre ville”, se réjouissait ainsi Pierre Labriet, avant de démonter les rouages “du système de pensée, la vision du monde qui a voulu s’imposer par la force et le mensonge”.
“Mais cette entreprise de propagande n’a jamais réussi. Partout, dans les usines, les villages, les massifs, des femmes et des hommes ont refusé cette vision du monde. Autour d’Echirolles, le Vercors, la chartreuse, l’Oisans, Belledonne deviennent les refuges de cette résistance. Dans ces montagnes, des maquisards se regroupent, s’entraînent, préparent la reconquête de la liberté. Ils se battent avec une autre vision du monde. Ce combat entre ces deux visions s’est joué dans nos montagnes, nos vallées. Et c’est la seconde qui a triomphé. C’est le sens de cette commémoration”, ponctuait le premier adjoint.
Continuer à se mobiliser
Une commémoration qui, outre le fait de se souvenir et de rendre hommage, a aussi pour vocation d’appeler à la vigilance. “Cette idéologie que nous pensions vaincue refait surface, avertissait Pierre Labriet. Elle ne porte plus les mêmes uniformes, n’utilise plus les mêmes mots, mais ses ressorts demeurent identiques : la désignation d’un ennemi intérieur, le rejet de l’autre, le mépris de la démocratie, la nostalgie d’un ordre autoritaire.”
De quoi rappeler la “responsabilité immense” qui pèse sur nous : “Nous devons nommer ce danger, le comprendre et nous mobiliser pour y répondre. Nous devons à notre tour nous organiser pour proposer une autre vision du monde qui refuse la hiérarchie entre humains, la loi du plus fort, qui croit que la dignité est la seule richesse”, enjoignait-il.
Et quoi de mieux que cette cérémonie pour débuter ? “A Échirolles, 82 années plus tard, nous portons cet héritage que la résistance nous a légué, ce flambeau passé par George Kioulou et tant d’autres...”
