L’Affiche rouge : Les mots de l’histoire
Des commémorations porteuses de sens
“A Échirolles, nos commémorations ne sont pas seulement l’évocation d’un souvenir. Nous cherchons à faire vivre concrètement cet héritage, expliquait ce dimanche dans son discours la maire Amandine, après avoir rappelé l’histoire de Missak Manouchian et du groupe de l’Affiche rouge. C’est le sens du travail mené avec l’Association des anciens combattants et résistants arméniens de l’Armée française, de la Semaine de l’Affiche rouge, des interventions dans les établissements scolaires, des expositions sur la déportation. Nos jeunes, lycéennes et lycéens, ne sont pas condamnés à oublier : Ils peuvent s’approprier cette mémoire, la questionner, l’enrichir”.
Et c’est justement ce qu’on fait, avec beaucoup de brio et d’à propos, six jeunes élèves de seconde 6 du lycée Marie-Curie – Lou-Ann, Kézia, Mathilde, Romain, Nathan et Jeanne –, accompagnés par le Pôle de la lecture et de l’écrit de la Ville dans le cadre du Parcours d’éducation artistique et culturel, qui ont lu des textes mêlant leurs mots à ceux d’Élise Fontenaille, autrice de Missak et Mélinée : une histoire de l’Affiche rouge.
“Regarder notre présent avec lucidité”
“J’écris comme on allume une bougie dans un tunnel, une lumière fragile face aux discours de haine qui s’accumulent. Missak marche dans ma rime, une silhouette sous la brume. Immigré dans la France qu’on brûle”, scandaient-ils en reprenant cette fois-ci les mots de Dominique Osmont. Une parfaite illustration, aussi, des mots de la maire, quelques instants plus tôt.
Une parfaite illustration, également, de l’actualité de ces écrits. “En regardant l’Affiche rouge (…), nous ne pouvons nous contenter de dire : «Plus jamais ça ». Je crois que cette commémoration nous invite à regarder notre présent avec lucidité”, reprenait la maire, citant la croissance du racisme et de la xénophobie en France, et la renaissance des empires dans le monde. “C’est pourquoi le combat des FTP-MOI est aujourd’hui plus actuel que jamais”, concluait-elle.
Un sentiment partagé par Daniel Marandjian, président de l’Association des anciens combattants et résistants arméniens de l’Armée française, avant que ses camarades, Jean Forestier et Jacques Simonian, n’égrainent sous le soleil les noms des 23 éxécuté-es…
Un chant de ralliement pour terminer en beauté
Des moments forts de cette belle cérémonie, comme celui qui l’a ponctué : l’interprétation par Miléna Margaryan de Zartir Lao, un chant révolutionnaire arménien écrit en 1890, sous la coupe du sultan Abdülhamid II, appelant les arméniens de la région de Mouch au soulèvement contre l’oppression ottomane. Un instant de légèreté, dans un temps fort.
