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Dans la roue de Tao

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Dans la roue de Tao

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Culture
Développement durable
Sport
Publié le 17 septembre 2021
Modifié le 21 septembre 2021
Résumé actualité
Mécanicien vélo à Échirolles, Tao Lé va partir pour le cercle polaire sur une de ses machines transformées : un vélo électrique alimenté par une remorque solaire. À ce défi sportif écologique, le jeune homme, également danseur et musicien, introduira un volet artistique.
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Tao a équipé sa remorque d'un panneau solaire pour charger les batteries de son vélo.
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Tao a équipé sa remorque d'un panneau solaire pour charger les batteries de son vélo.
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Le vélo électrique et sa remorque solaire sont presque prêts. “Reste à solidifier les attaches de la remorques pour la stabiliser”, note son propriétaire, Tao Lé. Dans quelques jours, il l’enfourchera, direction le Cercle polaire, en Norvège. Il compte rallier les 3000 kilomètres qui séparent Échirolles de ce lieu symbolique en moins d’un mois. “À travers ce voyage, je veux montrer que beaucoup de choses sont possibles à vélo, en particulier à vélo solaire, tels que voyager avec beaucoup d’équipement et parcourir de longues distances”, expose Tao Lé.
Matériel de bivouac, de cuisine, de réparation, mais aussi des équipements vidéos, informatiques et des vêtements chauds constitueront sa cargaison. Pour la tracter jusqu’au cercle arctique (et en revenir ensuite!), le jeune homme de 32 ans a soigneusement préparé sa monture: sa remorque est surmontée d’un panneau solaire qui recharge une batterie pendant que la seconde, sur le vélo, l’assiste au pédalage. “Quand la batterie en charge est plus remplie que celle sur le vélo, je les permute, ce qui me permet d'augmenter l'autonomie en fonction de l'ensoleillement”.

Des super condensateurs aux vélos électriques

Tao en connaît en effet un “rayon” en matière de batteries éléctriques. L’année dernière, il a fondé l’atelier de réparation et transformation de cycles en vélo électrique, Métakin. Basé à Artis à Échirolles, l’atelier “promeut la diversification des usages du vélo pour réduire nos émissions de CO2”, indique-t-il.
Cependant, derrière sa casquette de mécanicien vélo se cache un physicien qui a écrit une thèse sur le stockage d'énergie des super condensateurs :“Quand je l'ai démarré en 2015, je pensais qu’il fallait absolument que je sois chercheur pour améliorer les systèmes de stockage d’énergie, mais au fur et à mesure de ma thèse, je prenais conscience de l’urgence climatique et je me suis rendu compte que faire gagner 5 % d’autonomie à une batterie n’allait pas changer la tendance. Les technologies actuelles sont déjà performantes”, justifie-t-il.
Sa thèse bouclée, il opère un virage à 180 degrés vers la petite reine. “J’avais à cœur de me lancer dans un projet concret et autour du vélo. L’idée est de permettre à un maximum de personnes de se passer de la voiture, en leur proposant de transformer leur bicyclette en un vélo électrique adapté à leur besoin”.
Le défenseur de la nature, qui a déjà plusieurs voyages à vélo au compteur, se déplace ainsi depuis “très longtemps”. “C’est un mode de transport non seulement écologique mais aussi très pratique. Je suis convaincu qu’on peut encore le développer pour réduire le flux de voitures. Beaucoup de personnes hésitent à laisser la voiture pour le vélo à cause de la distance, du dénivelé ou des charges à transporter, mais l’électrique permet de neutraliser ses contraintes. L'idéal pour la planète reste le vélo sans assistance bien sûr, mais il vaut mieux un vélo électrique qu'une voiture, même électrique, les vieilles batteries restent un problème pour l'environnement”, détaille celui qui essaie de récupérer les pièces valides sur les batteries usagées pour en confectionner de nouvelles.

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Avec l'assistance électrique, Tao pourra plus facilement tracter une charge avoisinant les 30 kilos.
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Avec l'assistance électrique, Tao pourra plus facilement tracter une charge avoisinant les 30 kilos.

Djamiang, le compagnon de voyage

Pour cette remontée vers l’Europe du nord, Tao a convié un compagnon de voyage, Djamiang. “C’est un esprit de la forêt, curieux et sauvage, qui m'a été inspiré par l'univers d'un grand défenseur de l'environnement, le réalisateur Hayao Miyazaki*. Je vais mettre en scène mon personnage à travers la danse, les arts martiaux et la musique, dans les beaux paysages que je vais traverser”. Tao pratique en effet le violon, le bodhran, (un instrument de percussion utilisé dans la musique irlandaise) et la danse depuis son adolescence; un “côté artistique” qu’il a maintenant envie “de laisser s’exprimer”. “En montrant la beauté de la nature avec la  touche poétique de Djamiang, je souhaite sensibiliser à sa protection. Le but de ce projet est d’appuyer mon envie de défendre l’environnement pour qu’elle soit porteuse de message.”
Au fil de son voyage Tao va ainsi filmer ses performances dansées dans les “grands espaces” qu’il affectionne. Ces images seront visibles sur la page facebook et la chaîne Youtube Djamiang Tales… en attendant le spectacle vivant qui devrait en résulter.

Pour en savoir plus,

https://www.youtube.com/watch?v=d6lKr2LkbVo

Pour soutenir le projet Djamiang Tales:

https://fr.tipeee.com/djamiang-tales/

* Hayao Miyazaki est un dessinateur, réalisateur et producteur japonais de film d'animation. Il a notamment produit Le voyage de Chihiro, Le vent se lève et Le château ambulant.